
BMCE Capital Global Research porte désormais son objectif de cours sur Attijariwafa bank à 932 dirhams, contre 910 dirhams auparavant. La recommandation reste à l’achat. Rapportée au cours de 691,1 dirhams enregistré le 23 septembre 2026, cette cible correspond à un potentiel d’appréciation de 34,9 %.
Derrière cette révision se trouve d’abord la capacité d’Attijariwafa bank à profiter de l’accélération de l’investissement au Maroc. Au premier semestre, les crédits à l’équipement ont bondi de 36 % pour atteindre 142 milliards de dirhams. Les financements destinés aux entreprises ont progressé de 14 %, à 227 milliards, contre une hausse de 8,2 % pour les sociétés non financières privées à l’échelle du secteur.
Le Corporate devrait continuer à alimenter cette dynamique. BMCE Capital Global Research cite notamment les infrastructures liées à la Coupe du Monde, les investissements dans les énergies renouvelables et le développement des industries exportatrices, parmi lesquelles l’aéronautique et les véhicules électriques.
L’encours consolidé de crédits s’élevait à 464,3 milliards de dirhams à fin juin, en progression de 11,2 % sur un an. Les analystes le voient atteindre 481,5 milliards à fin 2026, puis 515,2 milliards en 2027.
La banque bénéficie en parallèle d’une collecte soutenue. Les dépôts ont augmenté de 13,8 % sur un an pour s’établir à 553,8 milliards de dirhams au premier semestre. Près de 74 % de ces ressources ne sont pas rémunérées, ce qui contribue à contenir le coût de refinancement. BMCE Capital Global Research prévoit des encours de 569,4 milliards en 2026 et de 609,3 milliards l’année suivante.
L’accélération du crédit ne s’est pas accompagnée d’une détérioration du risque. Le coût du risque a diminué de 11,2 %, à 1,2 milliard de dirhams. Le taux de contentieux sur base sociale s’est replié à 6,6 %, après 7 % à fin 2025, tandis que le taux de couverture s’est amélioré à 69,4 %. Le taux de contentieux du secteur atteignait pour sa part 8,1 %.
Les revenus poursuivent également leur progression. Le produit net bancaire consolidé s’est apprécié de 4 % au premier semestre, à 18,4 milliards de dirhams. La marge d’intérêt a augmenté de 8,2 %, à 11,2 milliards, et les commissions de 3,6 %, à 3,6 milliards. Le résultat des activités de marché a en revanche diminué de 3,2 %, à 2,9 milliards.
La hausse des charges reste l’un des éléments qui pèsent sur les comptes. Les dépenses d’exploitation ont augmenté de 8,4 %, à 6,8 milliards de dirhams, portant le coefficient d’exploitation à 36,8 %, contre 35,3 % un an auparavant. Le résultat brut d’exploitation conserve néanmoins une progression de 1,5 %, à 11,6 milliards.
Le résultat net part du groupe s’est établi à 5,94 milliards de dirhams, en hausse de 1,1 %. BMCE Capital Global Research prévoit désormais 11,6 milliards sur l’ensemble de 2026, soit une croissance de 9,1 %, puis 12,5 milliards en 2027.
L’international constitue un autre argument avancé par les analystes. La Banque de détail à l’international génère 33,4 % du produit net bancaire consolidé et 29,8 % du résultat net part du groupe, alors qu’elle représente 23,8 % du total du bilan. Elle a produit 6,1 milliards de dirhams de revenus et 1,8 milliard de résultat net part du groupe au premier semestre.
Cette contribution s’accompagne de marges financières susceptibles de permettre une nouvelle expansion. Le ratio Tier 1 consolidé atteint 12 %, contre un minimum réglementaire de 9 %. BMCE Capital Global Research estime qu’une reprise de la croissance externe pourrait être envisagée, notamment en Afrique subsaharienne. L’Afrique de l’Est est identifiée dans l’étude comme un relais potentiel, Attijariwafa bank n’y disposant actuellement d’aucune implantation bancaire.
Une autre partie de la croissance attendue doit venir du numérique. Après avoir dépassé les objectifs de son plan @mbitions 2025, le groupe engage GOAL 2030 avec l’ambition de mieux monétiser une clientèle déjà fortement digitalisée. Au premier semestre 2026, 94,9 % des transactions ont été réalisées sur les canaux digitaux, contre 74,2 % au premier semestre 2019. Les plateformes ont enregistré 181,5 millions de connexions, contre 71,5 millions sept ans auparavant.
SIMPLE s’inscrit dans cette stratégie. Présentée dans l’étude comme la première néobanque au Maroc, cette Super App doit regrouper paiement, épargne, investissement et différents services du quotidien.
Le durcissement prudentiel attendu en 2027 ne remettrait pas davantage en cause la trajectoire anticipée par BMCE Capital Global Research. Le ratio Tier 1 consolidé de 12 % se situe déjà au-dessus du seuil de 11 % évoqué dans l’étude pour les banques systémiques domestiques. La qualité du portefeuille et la baisse du coût du risque constituent également des éléments jugés favorables à l’approche du nouveau cadre.
La nouvelle cible de 932 dirhams résulte d’une valorisation fondée sur l’actualisation du résultat net part du groupe. BMCE Capital Global Research retient un taux sans risque de 2,94 %, une prime de risque de 6,5 % et un taux d’actualisation de 8,21 %. Le passage de 910 à 932 dirhams s’explique principalement par l’actualisation du facteur de pondération à mesure que l’exercice 2026 approche de son terme.


