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Pourquoi les céréaliers européens ont les yeux rivés sur le Maroc

Pourquoi les céréaliers européens ont les yeux rivés sur le Maroc
Pourquoi les céréaliers européens ont les yeux rivés sur le Maroc

Le marché européen du blé regarde déjà vers le Maroc. Alors que les exportations françaises manquent de débouchés et que les tensions en mer Noire entretiennent les incertitudes, la reprise attendue des achats du Royaume en septembre apparaît comme l’un des rares moteurs de demande à court terme.

Cette perspective intervient après plusieurs semaines de retrait marocain. Les importations ont été suspendues à partir du 1er juin afin de donner la priorité à la récolte nationale. Cette période doit s’achever le 31 août, ouvrant la voie à un retour du Royaume sur le marché international.

L’attente est particulièrement forte en France. À l’heure actuelle, la demande adressée aux exportateurs français reste très faible, le Maroc constituant l’un des seuls débouchés identifiés pour des livraisons en septembre.

Cette situation confirme le poids pris par le Royaume dans les échanges céréaliers européens. Les besoins marocains représentent un enjeu commercial important pour les fournisseurs français, particulièrement lorsque les autres grands acheteurs internationaux privilégient des origines moins coûteuses.

Sur Euronext, le blé a d’ailleurs cédé une partie de ses gains lundi. Le contrat de décembre a reculé de 1% pour terminer à 234,25 euros la tonne. Celui de septembre a perdu 1,2%, à 225,25 euros la tonne.

Le repli intervient malgré les perturbations qui affectent les exportations depuis la mer Noire. Les attaques visant les infrastructures portuaires russes et ukrainiennes ont ralenti certains flux, notamment autour de Novorossiysk, principal centre russe d’expédition de céréales.

Ces difficultés n’ont pourtant pas déclenché de mouvement massif vers les blés d’Europe de l’Ouest. Les prix russes et ukrainiens restent suffisamment compétitifs pour inciter de nombreux acheteurs à temporiser plutôt qu’à se tourner immédiatement vers d’autres fournisseurs.

L’appréciation de l’euro complique davantage la situation des exportateurs européens. La monnaie unique a atteint un sommet de deux mois face au dollar, ce qui renchérit mécaniquement le blé européen pour les acheteurs internationaux utilisant la devise américaine.

Le Maroc se retrouve ainsi dans une position particulièrement observée à l’approche de septembre. Son retour pourrait offrir aux exportateurs européens un débouché au moment où la concurrence internationale reste forte et où les incertitudes géopolitiques brouillent les perspectives d’approvisionnement.

La reprise des importations ne signifie toutefois pas que les fournisseurs européens disposeront seuls du marché marocain. Les arbitrages dépendront notamment des prix proposés, du coût du transport et de la compétitivité des différentes origines disponibles.

Après avoir privilégié sa production nationale pendant l’été, le Royaume s’apprête donc à retrouver un marché international du blé profondément disputé. Pour les opérateurs européens, septembre pourrait marquer le retour d’un acheteur devenu particulièrement important dans leurs équilibres commerciaux.

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