L’ONHYM se trouve aujourd’hui au croisement de plusieurs projets stratégiques pour le Maroc. L’exploration minière et gazière demeure au cœur de ses missions, mais l’Office intervient désormais aussi dans le transport, le stockage et le développement de grandes infrastructures énergétiques à dimension africaine.
Forbes Africa revient sur cette évolution à travers le parcours de l’Office et de sa directrice générale, Amina Benkhadra. L’intérêt grandissant pour les minerais critiques donne notamment une nouvelle dimension aux campagnes d’exploration menées dans différentes régions du Royaume.
Plusieurs ressources sont recherchées. Les travaux portent sur le lithium, les terres rares et l’or dans les Provinces du Sud, sur le cuivre dans l’Anti-Atlas occidental, ainsi que sur le graphite dans les Jebilet et le Rif. Le cobalt, l’argent et le manganèse font également partie des minerais étudiés dans l’Anti-Atlas central.
La potasse complète cette cartographie, avec des recherches conduites dans les bassins de Khémisset et de Berrechid. Ces programmes interviennent alors que les besoins internationaux en matières premières stratégiques progressent avec le développement des nouvelles industries et de la transition énergétique.
Le gaz constitue l’autre grand volet de l’activité. Les bassins du Gharb et d’Essaouira restent actifs, tandis que Tendrara doit entrer en production en 2026. Les ressources offshore, parmi lesquelles la découverte d’Anchois, font également partie du potentiel exploré au Maroc.
Cette activité a attiré des opérateurs internationaux. Forbes Africa chiffre à environ 32 milliards de dirhams les investissements engagés dans l’exploration au cours des vingt dernières années.
L’évolution du marché gazier a parallèlement conduit l’ONHYM à intervenir davantage dans les infrastructures. Après l’interruption en 2021 des flux du Gazoduc Maghreb-Europe, le Maroc a mis en service en 2022 un système fonctionnant en sens inverse. Le dispositif permet d’acheminer vers le Royaume du gaz naturel liquéfié importé par l’intermédiaire de l’Espagne.
D’autres infrastructures doivent compléter ce réseau. Elles sont destinées à raccorder des centrales électriques et, à terme, le champ de Tendrara. L’Office étudie également les possibilités offertes par le stockage souterrain.
Des formations géologiques ont été identifiées pour examiner leur capacité à accueillir différentes molécules. Le gaz naturel est concerné, tout comme l’hydrogène vert et le carbone.
À une tout autre échelle, le Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc représente l’un des principaux projets suivis par l’ONHYM. Lancé à l’initiative de S.M le Roi Mohammed 6 et du président nigérian, il doit s’étendre sur plus de 6 500 kilomètres.
La capacité envisagée atteint 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Le montant d’investissement avancé avoisine 25 milliards de dollars. Les études de faisabilité ont conclu à la viabilité du projet et les discussions avec les pays concernés ont progressé, selon les informations présentées par Forbes Africa.
Le futur corridor doit relier les ressources gazières d’Afrique de l’Ouest aux différents marchés de la région et ouvrir une connexion vers l’Europe. Son ambition dépasse toutefois le seul transport de gaz. Le projet est également pensé comme un outil d’intégration économique, d’électrification et de développement industriel pour les pays concernés.
L’ONHYM évolue ainsi sur plusieurs terrains simultanément. La recherche de minerais stratégiques accompagne l’exploration gazière, tandis que le stockage et les infrastructures de transport prennent une importance croissante. Une transformation qui place progressivement l’Office au cœur de plusieurs ambitions énergétiques et minières du Maroc.



