L’ONCF et Hyundai Rotem s’orientent vers une nouvelle étape de leur partenariat au Maroc. Le groupe sud-coréen a décroché un contrat de services de maintenance à long terme pour les rames automotrices électriques de l’opérateur ferroviaire national, pour un montant annoncé de 748,25 milliards de wons.
Le point le plus structurant n’est pas seulement le montant du contrat. Selon l’avis financier déposé auprès de la Korea Exchange, la contrepartie contractuelle devrait être transférée à une coentreprise appelée à être créée entre Hyundai Rotem et l’ONCF, conformément à un pacte d’actionnaires conclu entre les deux parties. La date d’échéance du contrat sera fixée après la mise en place de cette structure.
Cette future coentreprise change la lecture du dossier. Elle inscrit la maintenance des rames électriques dans une logique plus industrielle, avec une organisation dédiée au suivi de long terme du matériel roulant. Pour l’ONCF, l’enjeu est de sécuriser la disponibilité, la fiabilité et la performance des trains sur toute leur durée d’exploitation.
Dans le ferroviaire, la maintenance n’est pas une fonction secondaire. Elle conditionne la régularité du service, la sécurité des circulations, la durée de vie des équipements et la maîtrise des coûts d’exploitation. Plus le matériel roulant devient technologique, plus la capacité à en assurer l’entretien localement devient stratégique.
L’accord porte sur des services LTSS, pour Long Term Service Support, appliqués aux rames automotrices électriques. Ce type de contrat engage le constructeur au-delà de la livraison ou de la fourniture de matériel. Il l’associe à la performance opérationnelle des rames, à leur entretien et à leur maintien en condition sur la durée.
Pour Hyundai Rotem, ce contrat renforce son ancrage dans le ferroviaire marocain. Le groupe sud-coréen, actif dans le matériel roulant et les équipements de défense, s’inscrit ainsi dans une relation prolongée avec l’ONCF, à un moment où le Maroc poursuit la modernisation de ses infrastructures et de ses services ferroviaires.
Pour le Maroc, la portée dépendra du contenu réel de la coentreprise. Si celle-ci permet d’organiser localement les opérations, de développer des compétences techniques et de structurer un savoir-faire autour des rames électriques, l’accord dépassera le cadre d’une simple prestation de maintenance. Il pourra contribuer à renforcer une base industrielle et opérationnelle autour du ferroviaire.
Les détails restent à préciser. Le calendrier définitif du contrat n’est pas encore arrêté, puisqu’il dépend de la création de la coentreprise. Les éléments communiqués ne précisent pas non plus le périmètre exact des activités qui seront portées localement, ni le niveau de transfert de compétences attendu.
Mais le signal est déjà important. Avec Hyundai Rotem, l’ONCF ne se contente pas de sécuriser la maintenance de ses rames automotrices électriques. L’office prépare un outil commun susceptible d’ancrer cette maintenance dans un cadre plus durable, plus organisé et plus proche des besoins du réseau marocain.



