Le Maroc renforce son positionnement dans les énergies propres, avec une stratégie qui attire l’attention en Europe. Selon le journal électronique espagnol Merca2, le Royaume s’impose progressivement comme une puissance émergente du secteur et comme un partenaire potentiel pour l’approvisionnement énergétique européen.
La publication met en avant une capacité renouvelable installée de plus de 4.000 MW et un objectif de 52 % d’électricité d’origine renouvelable à l’horizon 2030. Cette trajectoire marque un changement important pour un pays longtemps dépendant à plus de 90 % des combustibles fossiles pour sa production électrique.
Le Maroc s’appuie sur des conditions naturelles favorables, avec près de 3.000 heures d’ensoleillement par an et des vents soutenus sur la façade atlantique. Ces atouts contribuent à l’essor des projets solaires et éoliens, ainsi qu’à l’arrivée d’investissements privés dans le secteur.
Parmi les projets cités figure le complexe solaire Noor Ouarzazate, d’une capacité de 580 MW, équipé d’un système de stockage thermique par sels fondus. Merca2 mentionne également les parcs éoliens de Tarfaya, d’une capacité de 300 MW, et de Taza, avec 150 MW.
Le développement du solaire photovoltaïque constitue un autre axe de cette montée en puissance. Selon la publication espagnole, plus de 2.000 MW de projets ont été mis en adjudication entre 2024 et 2026 par l’Agence marocaine pour l’énergie durable, MASEN. Ces appels ont attiré des opérateurs internationaux comme ACWA Power, EDF Renouvelables et Iberdrola, dans un marché où la capacité installée aurait été multipliée par dix en une décennie.
L’hydrogène vert apparaît également comme un levier central. Merca2 souligne que le Maroc pourrait bénéficier de coûts de production compétitifs, estimés à moins de 2 euros le kilogramme à l’horizon de la prochaine décennie. Le média cite notamment le programme d’investissement de 13 milliards d’euros du Groupe OCP pour passer à l’ammoniac vert d’ici 2032, ainsi que le projet Amun, porté par Total Eren et le Groupe Nareva, qui prévoit une plateforme de production de 10 GW.
Cette dynamique donne aussi un rôle croissant aux infrastructures portuaires. Tanger Med est présenté comme un futur hub stratégique pour l’approvisionnement en ammoniac vert destiné au transport maritime européen. Certaines zones du littoral atlantique, notamment Essaouira et Laâyoune, afficheraient par ailleurs des facteurs de charge supérieurs à 45 %.
Le lien avec l’Europe passe enfin par les interconnexions électriques. La liaison sous-marine entre le Maroc et l’Espagne repose actuellement sur deux câbles d’une capacité de 700 MW chacun. Un troisième lien est prévu à l’horizon 2028 et un quatrième est à l’étude, ce qui porterait la capacité totale d’échange à plus de 2.800 MW, selon Merca2.
À travers ces projets, le Maroc cherche à transformer ses avantages naturels en position industrielle et énergétique. L’enjeu dépasse la production locale d’électricité renouvelable. Il touche désormais à l’exportation d’énergie, à l’hydrogène vert, à l’ammoniac et aux futures chaînes d’approvisionnement entre l’Afrique du Nord et l’Europe.



