Paris et Rabat s’orientent vers une nouvelle architecture de leur relation bilatérale. La France et le Maroc travaillent à l’élaboration d’un traité appelé à être signé lors de la prochaine visite d’État de S.M le Roi Mohammed VI en France, ont annoncé mercredi à Rabat les ministres des Affaires Étrangères des deux pays.
Pour les deux pays, l’enjeu est historique. Nasser Bourita a indiqué qu’il s’agirait du premier traité de cette nature à être conclu par le Royaume avec un pays européen. Jean-Noël Barrot y voit, de son côté, un accord destiné à installer des bases durables pour le partenariat franco-marocain.
Cette initiative intervient dans un climat de rapprochement renforcé entre les deux capitales. Depuis la reconnaissance par Paris de la souveraineté du Maroc sur son Sahara en 2024, les relations ont retrouvé une dynamique nouvelle, portée par des convergences politiques et une coopération élargie.
Nasser Bourita a évoqué une relation qui traverse sa période la plus favorable, mettant en avant les avancées enregistrées dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment la défense, la sécurité et l’aéronautique.
Concernant le Sahara Marocain, le chef de la diplomatie française a réaffirmé la position de Paris en faveur d’une solution politique fondée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Si le contenu précis du futur traité n’a pas encore été dévoilé, sa portée apparaît déjà significative. Au-delà du dialogue politique, Paris et Rabat affichent leur volonté de structurer un partenariat appelé à s’inscrire dans la durée et à s’étendre davantage au continent africain.
La France considère le Maroc comme son premier partenaire économique en Afrique et comme une plateforme stratégique vers plusieurs marchés du continent. De son côté, le Royaume poursuit le renforcement de sa présence en Afrique de l’Ouest et au Sahel, à travers la finance, les télécommunications, les infrastructures et l’industrie.
Le futur traité pourrait ainsi consacrer une nouvelle phase des relations franco-marocaines, dans un contexte où les équilibres diplomatiques et économiques régionaux connaissent de profondes recompositions.



