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Le Sénégal doit rembourser près de 10 milliards de dollars en 2026

Le Sénégal doit rembourser près de 10 milliards de dollars en 2026
Le Sénégal doit rembourser près de 10 milliards de dollars en 2026

À Dakar, les discussions engagées avec la France interviennent dans un climat d’urgence budgétaire. Le Sénégal se prépare à affronter, en 2026, près de 10 milliards de dollars de remboursements, un niveau plus de deux fois supérieur aux estimations avancées jusqu’ici.

Le choc remonte à la fin de l’année 2024. À peine installé, le tandem formé par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko a ordonné un audit des finances publiques. L’examen a mis en lumière environ 7 milliards de dollars d’engagements non déclarés par l’équipe précédente. En quelques semaines, la photographie de la dette nationale a été profondément bouleversée.

L’encours, évalué jusque-là à près de 74 pour cent du produit intérieur brut, a franchi la barre des 100 pour cent. Le Fonds monétaire international estime désormais que le ratio pourrait grimper jusqu’à 132 pour cent. Dans la foulée, l’institution a interrompu son programme de soutien de 1,8 milliard de dollars, accentuant la tension sur les comptes publics.

L’échéance la plus scrutée se profile en mars 2026 avec 485 millions de dollars à régler sur un eurobond. Plus largement, l’année concentrera près de 10 milliards de dollars de paiements. Le gouvernement assure avoir réuni les fonds nécessaires pour cette échéance grâce à de bonnes rentrées fiscales en début d’exercice et à des levées de capitaux sur le marché régional. De quoi éloigner, à court terme, le risque d’un défaut et maintenir le dialogue avec les investisseurs.

Cette stratégie n’est toutefois pas sans coût. Une part significative des nouveaux emprunts a été contractée à court terme et à des taux élevés, ce qui pourrait alourdir la charge financière dans les prochaines années.

L’exécutif entend éviter toute déclaration formelle de défaut. Ousmane Sonko écarte l’option d’une restructuration impliquant une réduction des sommes dues aux créanciers. Une telle décision, selon lui, affaiblirait la signature du pays et compliquerait son accès aux marchés internationaux.

La ligne défendue par Dakar repose plutôt sur un allongement des maturités et un remplacement progressif des prêts les plus onéreux par des financements plus avantageux. La France figure parmi les partenaires clés dans cette démarche, détenant environ 30 pour cent de la dette bilatérale officielle du Sénégal. L’appui de Paris et d’autres créanciers est jugé essentiel pour convaincre le FMI de la cohérence du plan envisagé.

Un nouveau chef de mission du Fonds est arrivé en janvier afin de relancer les échanges. L’institution plaide pour un ajustement budgétaire conséquent après l’envolée du déficit, passé d’environ 4,9 pour cent à plus de 12 pour cent à la suite de l’audit.

Le gouvernement prévient que deux à trois années de tensions sont à prévoir. Des taxes supplémentaires ciblent les jeux d’argent, les transferts d’argent mobile et le foncier. Les subventions à l’énergie sont progressivement réduites, une mesure déjà sensible par le passé.

En parallèle, les perspectives économiques restent dynamiques. La croissance pourrait atteindre environ 8 pour cent en 2026, portée par la première année complète d’exploitation du champ pétrolier de Sangomar et du projet gazier Greater Tortue Ahmeyim.

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