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L’audace n’est certes pas une caractéristique que l’on retrouve chez tous. Cependant, il existe plusieurs moyens de surmonter la timidité qui emprisonne la personnalité de beaucoup de gens, les empêchant de se développer, d’agir librement, d’exprimer leurs idées, par crainte d’offusquer, de se tromper ou de déplaire… Oser dépasser ses inhibitions, oser exiger, défendre ses idées, les développer, oser prendre des risques sans tomber dans l’excès, c’est une force que chacun doit entretenir pour s’imposer dans la vie de tous les jours. Que ce soit lors de la présentation d’un projet, d’un budget, pour décrocher un job ou encore négocier un prix, une augmentation… D’ailleurs, comme l’avait énoncé Henry de Montherlant, romancier, auteur dramatique et académicien français: «C’est à l’audace de leurs fautes de grammaire que l’on reconnaît les grands écrivains». Selon Youssef Harouchi, coach et membre de l’association Maroc coaching: «Tout le monde peut être audacieux, chacun avec son style, à des degrés différents, en fonction d’un contexte et d’un vécu. L’audace peut se développer d’une manière cohérente, sans excès, tout en la mettant sous contrôle. L’inconscience peut aussi pousser à l’audace, mais la conscience peut l’apprivoiser pour la transformer en puissance utile permettant à la personne de s’accomplir». Voici donc quelques axes à travailler pour aller au-delà de ses appréhensions.
Apprenez à surmonter votre timidité La moindre remarque vous fait rougir et perdre tous vos moyens lorsqu’il faut prendre la parole dans une réunion ou négocier avec un client, un fournisseur, etc? Le premier point qu’il faut éliminer, ce sont les pensées dévalorisantes telles que «je ne peux pas», «je vais me faire humilier»… des phrases héritées de l’enfance, des limites que les parents imposent par crainte du danger mais qui grandissent avec la personne pour devenir de vrais blocages psychologiques. Aussi, pour dépasser tous ces freins, il faut travailler sur soi en renversant totalement son mode de pensée, mais aussi sur les symptômes de «timidité» tels que rougissement, bégayement... Pensez positif, tentez l’expérience, lancez-vous vos propres défis en vous mettant dans des situations qui vous gênent! Et, pour les mener avec succès, prenez appui sur les compétences que vous maîtrisez (votre savoir faire, vos acquis, vos lectures…). Soyez plus indulgent avec vous-même et comptez sur la bienveillance de vos interlocuteurs et de votre entourage, vous trouverez toujours quelqu’un pour vous prêter main forte. «Un optimum peut être atteint grâce à l’assurance que peut prendre la personne à travers les expériences et les situations auxquelles elle est confrontée. L’audace fait monter l’adrénaline nécessaire pour avancer, oser et créer de la valeur», développe le coach.
Prenez de l’avance sur les autres Négocier face à quelqu’un d’hostile est toujours difficile. Alors, quand on a des soucis pour prendre la parole, la situation devient quasi impossible! Mais pas tant que ça. Car il existe quelques astuces simples pour désamorcer cette gêne. Tout d’abord, prenez le temps d’écouter ce que votre interlocuteur a à dire. Un timide essaiera plutôt de prendre parole et de noyer son acolyte dans des propos infinis, pour éviter des questions pièges auxquelles il a peur de ne pas avoir de réponses. Cependant, en laissant la personne entamer les discussions, vous réussirez tout d’abord à flatter son ego mais aussi à en apprendre plus long sur ses attentes et ses besoins. Vous pourrez ainsi plus facilement proposer une solution sur-mesure, à sa demande. Cependant, ne vous amusez pas à couper votre interlocuteur quand il parle. Durant l’entretien adoptez une posture droite, posée et ouverte et regardez-le bien en face. Quand un reproche vous est fait, ne vous repliez pas sur vous-même. Reformulez avec calme les propos que l’on vous exprime sous forme d’une question. Le temps de réponse de votre interlocuteur vous permettra de réfléchir à une parade et lui d’exprimer plus clairement ses idées.
Prenez des risques mesurés La plupart des gens hésitent à se faire remarquer dans leur boulot. Cependant, se fixer des objectifs ambitieux, prendre des risques pour booster sa carrière sont une nécessité. Alors, franchissez le pas! Plutôt que d’attendre que votre chance arrive, provoquez les situations qui vous permettent de vous démarquer: multipliez les projets, acceptez des missions à risque, poussez les portes d’une évolution en interne dès qu’un poste plus élevé se libère… Osez entreprendre quand vous croyez fort en votre projet. Donnez-vous les moyens d’arriver et d’atteindre les sommets plutôt que d’attendre que quelqu’un vienne vous tirer de là. En un mot, a-gi-ssez! «A mon sens, l’audace est nécessaire dans tous les domaines, surtout lorsqu’il s’agit d’entreprendre. Couplée à l’innovation, c’est le moteur de l’entrepreneur. Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. Sans audace, les idées risquent de mourir. N’a-t-on pas dit que le succès fut toujours un enfant de l’audace?», explique notre coach. Dans ce sens, la culture de l’audace est également une affaire sur laquelle les patrons d’entreprises doivent intervenir. Il est donc nécessaire d’entretenir cette première en veillant, bien sûr, à respecter un équilibre. Le culot peut être considéré comme l’un des éléments caractérisant d’une équipe performante. L’émulation va pousser celui qui a moins d’ambition à oser plus. «Les managers doivent également donner l’exemple par des prises de décisions audacieuses mais réfléchies dans le ton YES WE CAN», ajoute-t-il. Mais attention, un excès d’audace, comme un excès de confiance en soi, peuvent faire mal et se retourner contre la personne qui en use et en abuse. «Elle peut amener à de l’arrogance, à des écarts dans les comportements, voire à une dérive éthique dans les affaires, si tout cela est fait à mauvais escient. Audacieux mais pas téméraire, on doit éviter de passer ce que j’appelle la ligne rouge car la liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence. Il faut rester en permanence le gardien vigilant de ce que l’audace nous pousse à faire. Autrement dit, la chose qui procure du plaisir aujourd’hui peut faire souffrir demain», souligne Youssef Harouchi. |